Roland Houël

Après ses études à l’École Nationale de Lutherie de Mirecourt, Roland Houël obtient son diplôme des métiers d’art avec un travail de recherche sur la forme du premier violoncelle connu, construit au XVIe siècle par Andrea Amati pour la cour de Charles IX. Il construit une reconstitution de cet instrument dans ses dimensions originelles. Ces recherches le conduisent à donner une conférence à Crémone au Museo Civico « Ala Ponzone ».

Au cours de ce travail, Roland Houël est remarqué par Jean-Frédéric Schmitt, luthier et restaurateur de renom, qui lui offre une place dans son atelier pour le former en restauration. Il y reçoit une formation technique solide et y développe une passion pour la haute restauration.

Sa carrière se poursuit à Vienne auprès de Marcel Richters. D’abord assistant puis chef d’atelier, il a alors le privilège de travailler sur les instruments des plus grands auteurs pour des musiciens qui comptent parmi les grands noms de la scène internationale.

Installé en Bourgogne, il puise dans le contact quotidien avec des instruments de l’école classique italienne des XVIIe et XVIIIe siècles l’inspiration nécessaire à la création d’instruments neufs. Son travail est ainsi récompensé par deux premiers prix « Coup de cœur » pour un violoncelle présenté au concours de lutherie VioloncellEnSeine à Paris en 2012.

« J’aime créer en partant d’un modèle ancien. J’essaye de comprendre comment il a été dessiné en étudiant sa géométrie pour revenir aux sources, puis j’optimise, j’invente, en faisant en sorte que la source d’inspiration reste visible. Fabriquer un violoncelle neuf permet de s’affranchir de tous les compromis liés à la restauration de l’ancien. Et, bien sûr, j’apporte les finitions soignées qui caractérisent la tradition de la lutherie française.

Le violoncelle que j’ai eu le plaisir de fabriquer pour la Caisse d’Epargne Bourgogne Franche-Comté sur proposition de Talents & Violoncelles a un fond particulièrement spectaculaire, en une seule pièce coupée sur couche dans un érable de Bosnie légèrement moucheté, au dessin très vivant. Il s’inspire d’un Goffriller construit en 1720 à Venise, un instrument qui a marqué ma carrière et mon goût pour une certaine sonorité. J’ai modifié sa largeur et je l’ai adapté au jeu actuel. C’est une grande joie de penser qu’il va passer entre les mains de jeunes talents ! »